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Evaluez un projet avec le Diagramme Logique des Intentions (DLI)

Qu'est-ce que c'est ?

Nous vous proposons de découvrir un outil classique de la boite à outils de l’évaluateur de projet : le DLI, diagramme logique des impacts, aussi appelé logigramme.

Derrière ces noms technos se cachent l’idée que tout projet de politique publique est basé sur une suite de relations hypothétiques de cause à effet dont l’enchaînement doit permettre de résoudre le problème ou de répondre aux besoins ou aux enjeux identifiés au départ.

C’est que le Diagramme logique d’impacts vise à retracer  ce sont ces enchaînements entre ce que l’on fait et ce que l’on attend, ce que l’on attend qu’il se passe. Le but est de clarifier les hypothèses implicites que font souvent les financeurs et les décideurs des projets et politiques publiques.

Pour cela, le schéma est construit selon les 3 niveaux d’effets que l’on cherche à atteindre : d’abord des réalisations, puis des résultats et enfin des impacts.

La différence entre ces 3 niveaux n’est pas si simple à appréhender que cela. Pour bien comprendre, prenez un exemple simple, pensez à la construction d’une route pour désenclaver une région ou un territoire rural.

  • La réalisation ce sera le nombre de km de route que vous aurez construits.
  • Les résultats, le fait que des voitures, des camions, bref des véhicules circulent sur votre route
  • Et l’impact ce sera que du fait de cette activité, le territoire se développe, des gens s’y installent, la région est plus attractive, bref elle se sera désenclavée.

Vous voyez c’est une chaine simple mais qui n’est jamais gagnée d’avance. Vous pouvez très bien avoir des réalisations mais qui ne produisent pas des résultats, par exemple des routes effectivement construites mais que personne n’empruntent parce que trop chères ou trop longues par rapport à d’autres voies de communication. Ou des impacts mais qui sont des impacts non prévus voire négatifs, par exemple, des pollutions ou le développement d’une certaine forme de développement non désiré (tourisme effréné, promotion immobilière…)

Bref, l’enchainement entre les réalisations, les résultats et les impacts, constitutifs de tous les projets c’est le but du diagramme logique (DLI).

Comment l'utiliser ?

Pour bien construire le DLI, il faut faire Comme si ça se passait pour de vrai comme ça. C’est –à-dire, écrire les termes à la forme affirmative, c’est une convention d’écriture mais qui permet de donner le sentiment que le programme se déroule comme prévu.

Un exemple simple, sur un projet très facile à comprendre où les chaines causales sont limitées. Par exemple, mettons, organiser un évènement dans le cadre de la semaine de l’innovation. Ca c’est un projet d’apparence très simple mais dans lequel on va retrouver les mêmes enchainements réalisations, résultats et impacts.

Concrètement, donc, lorsque vous décidez d’organiser un évènement pour la semaine de l’innovation vous définissez d’abord un programme de réalisations, on va dire des actions de base que vous devez mener.

  • Un programme d’événements est élaboré
  • Des intervenants de qualité sont mobilisés
  • Des participants sont invités aux événements

 

De ces réalisations vont, si tout se passe bien, va découler une série de grands résultats, à différentes échelles de temps :

 

  • Le premier c’est le fait que l’évènement se déroule et rassemble effectivement des participants
  • Un autre résultat va être que les participants vont améliorer leur connaissance de l’innovation, de ses enjeux, de
  • Encore un autre résultat, sera que les participants vont renforcer leur compétence empirique sur comment on fait un projet innovant, quelles méthodes on peut utiliser, quels outils, etc.
  • Et enfin, un dernier niveau de résultats, c’est le fait que les innovateurs se rencontrent et partagent leurs bonnes pratiques, créent du réseau et des interactions propices l’innovation

 

Du coup, les impacts qui en découlent sont les suivants :

 

  • L’innovation devient une composante des projets locaux
  • La culture de l’innovation se diffuse
  • Une communauté des innovateurs se structurent

 

Et puis, au bout du bout, l’impact final de tout cela sera des projets mieux conçus et prenant mieux en compte les besoins des usagers et les enjeux du territoire.

 

Voilà très rapidement et schématiquement explicité tout ce qui peut être déduit des actions conduites dans le projet.  Vous voyez en partant d’un projet très basique on en déduit des chaînes de conséquences intéressantes qui sont autant de relations causales que l’évaluation va pouvoir interroger.

Est-ce que par exemple, si je reprends le cas du DLI sur la semaine de l’innovation, mon évènement a permis de renforcer la compétence en innovation des participation et se faisant, peut-on observer un effet sur les projets ensuite conduits par les participants, est-ce que ces derniers intègrent plus un volet innovation suite à la participation à l’évènement.

Une autre façon de raisonner c’est par exemple de faire le DLI en début d’évaluation, tel que le projet aurait dû se passer, et de le faire en fin d’évaluation, tel qu’il s’est effectivement déroulé.

En conclusion, le DLI est un outil conceptuel, schématique, certes réducteurs mais qui permet de partager avec l’ensemble des parties prenantes du projet une vision commune et de se mettre d’accord sur ce sur quoi on va vouloir faire porter l’évaluation.

En tant qu’outil de pilotage, c’est très utile aussi, ça permet de cartographier les projets en suivant l’état de leur mise en œuvre et de où est-ce que l’on en est sur la production des résultats et des impacts attendus.

Certaines collectivités en sont dingues et j’en connais plusieurs qui ont fait de ce diagramme le passage obligés de toute conception de nouveau dispositif ou politique. Avouez que c’est plus simple à comprendre que des pages et des pages de délibérations !